Juin 2019

A bout de souffle…

Bien longtemps que je n’ai plus écrit… Manque de temps d’inspiration, je ne sais pas.

Des mois ont passés, des années même… Si peu de changement, toujours les mêmes sentiments qui me collent à la peau, qui sont plaqués dans mon dos et qui m’entourent comme les tentacules d’une énorme pieuvre que je porterais sur les épaules.

Je ne sais pas « qui » est cette pieuvre, cet énorme méduse géante. La maladie de mon fils ? Mon caractère ? Mes choix dans la vie ? Simplement ma vie ?

Je dis que rien n’a changé, c’est vrai et en même temps ma vie a changé ; L’Amoureux parti ; une vie de couple trop compliquée à gérer quand l’un ne répond plus aux attentes de l’autre. J’ai perdu un amour mais aussi une famille. Miss Monde et Le Dauphin qui manquent terriblement à ma vie, mon équilibre. J’ai fais un choix. Sacrifier leur amour au nom de la liberté de mon âme. C’est moi qui ai rompu, ensevelie sous une masse trop compacte de non-dit, d’attente, d’espoir, de colère, de déception, …

Me voici seule. Seule et pas vraiment 😉 Mais ça, c’est une autre histoire.

J’ai changé de fonction au boulot aussi ! Quels changements !

 

Je pensais être forte, résistante, je me targuais d’être si résiliente, si combative, dure. Et il a fallu la goutte.

Une putain de GOUTTE de ta mère sa race de fils de puterie (Oh pardon, je me crois sur Twitter !)

31 mai. Le téléphone sonne. Je suis à un événement dans les Ardennes. (Trail de 30 heures pour une association). Deux jours que j’ai peu dormi, et que je suis dans une ambiance festive, sportive (je ne cours pas, je suis « ravitailleuse »).

Le père au bout du fil. Petit Prince n’est pas bien, vraiment pas bien. Urgences, un fois de plus.

Cela fait un an que François présente des problèmes gastro-neuro* dont on cherche la cause, les investigations sont en cours… Mais là, c’est pas ça. Il me parle d’une infection osseuse, ou on ne sait pas quoi.

Mon sang s’arrête. La gaieté du moment s’évapore en quelques secondes.

« J’arrive »…

Hôpital. Tout compte fait ce n’est pas une infection osseuse (présumée car douleurs à la hanche). En fait non, c’est une péritonite. Tellement douloureuse qu’elle s’irradie dans la jambe, le psoas noyé dans une inflammation terrible.  Mon fils, porteur de cet handicap le rend différent face à la douleur. On n’a pas vu.

ON N’A PAS VU que mon fils avait mal. ON N’A PAS VU. C’est terrible. Ma plus grande peur, cette putain d’angoisse qu’il ne soit pas compris dans la difficulté est là. Elle est là.

Le père, qui a géré MiniMoi depuis 2 jours se barre. Pas besoin d’être deux ! Ok, Hum hum… Je ne comprends pas bien. Je ne comprends pas qu’il puisse partir… Mais ça aussi, c’est une autre histoire (Nb : son papa aime énormément Petit Prince – J’essaye de ne pas juger.)

Péritonite sur appendicite nécrosante rétro-cæcale. L’intestin est percé, y’a du pus et des selles dans tout son péritoine. La chirurgienne m’a dit ; « c’était monstrueux et compliqué », elle m’explique aussi que nous étions à quelques heures de …

De ? …

Oui, à quelques heures de la mort de mon fils.

Et là, à ce moment-là, ça me pète à la gueule. Oui, mon fils a faillit mourir. Mourir car on n’a pas vu. ON EST PASSÉ à CÔTÉ. Voilà.

Je suis une personne inquiète. Ceux qui me connaissent vraiment, sous cette carapace de « femme forte, sûre d’elle » savent… Je suis inquiète perpétuellement.

Cet événement fait surgir en moi un truc, je ne sais pas expliquer (d’où le besoin d’écrire cet article pour ?)

4 semaines d’hospitalisation avec des complications (épanchement pleural, …) – 4 semaines sans travailler, à rester au chevet de Petit Prince quasiment H24. Ma vie s’arrête. Je ne suis plus Nathalie. Je suis uniquement la maman de François. Il va mal. Les douleurs, l’hospitalisation fait « flamber » son autisme. Il est de plus en plus « récurrent » et pallie son anxiété par une écholalie incessante. Sorte de « psittacisme ».

Je suis fatiguée, extrêmement fatiguée. Épuisée. éreintée. Usée. Mais pas achevée, pas tuée. Je ne suis pas morte.

Je reste encore plusieurs semaines au chevet de mon fils où les problèmes de santé s’accumulent*. Je n’arrive pas à retrouver une vie normale. Comment faire ?

Et ce sentiment, cette émotion d’inquiétude, de stress permanent m’étouffe, m’encercle de ses tentacules collantes et me font suffoquer. Je manque d’air, d’oxygène. je manque de vie. De souffle de vie.

Je suis à bout de souffle. Souffle de vie.

 

Je ne suis pas seule, mais dans ce genre de situation, nous sommes toujours seuls, seuls avec nous-même et notre pieuvre. Mais alors, on en fait quoi ?

On se relève, on ne plie pas. Je me relève. On aime. On essaye de se dire ; « Et alors, c’est vrai, je vais en faire quoi, de « ça » ? »

Je ne sais pas ce que je vais en faire. Je ne sais pas. Pas encore… Mais je vais en faire quelque chose.

Je ne vais pas laisser cette putain de pieuvre noircir ma vie. Impossible ! Non. Je refuse. Je vais essayer de l’apprivoiser. Dois-je même essayer de l’aimer ? De me dire qu’elle fait partie de moi ? Et que c’est grâce à elle que je suis qui je suis ? D’accepter ses faiblesses pour mieux se battre ?

 

Je suis Nathalie, porteuse d’une pieuvre géante sur mon dos qui par moment m’enlace trop fort, mais … je vais trouver des déviations, des chemins « bis », des accès, … Je vais trouver !

Je vais trouver …

3 commentaires sur “Juin 2019

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  1. Bonjour Nathalie,
    Vous vous mettez beaucoup trop de responsabilité, de pression. Oui vous n’avez pas vu, mais êtes vous seule à n’avoir pas vu ? Etes vous médecin Nathalie ? Les enfants ont un tôt impression de résistance à la douleur, je peux vous l’affirmer, je travaille dans le domaine de l’enfance. Ils sont bien plus résistant que nous…
    Arrêter de vous culpabiliser ainsi, vous êtes humaine et vous ne détenez pas la science infuse, nulle n’est parfait Nathalie.
    Vous avez un enfant qui vous demande beaucoup, hé bien avancer étape par étape, faite confiance au corps médical et faite vous confiance, jusqu’à maintenant vous vous en êtes sortie. C’est un accident de parcours, l’essentiel est que François soit toujours là.

    Lorsqu’on a des soucis de santé avec un petit bout, le couple en prend un coup, c’est normal, de plus l’autisme est difficile de gestion. Il faut savoir pardonner les erreurs de l’autre et comprendre qu’il ne sait pas et accepter qu’il a du mal à supporter la situation. Oui, je sais, il devrait être là mais cela lui est peut-être insupportable.

    Il faut essayer d’avoir de l’aide au maximum pour tenir la longueur, il vous faut savoir vous libérer de temps à autre afin de reprendre votre souffle. Vous n’êtes pas surhumaine, vous êtes tout simplement une maman, qui ne peut être tout le temps en forme, c’est humain, pardonnez vous Nathalie.

    J’ai eu une enfant avec un très lourd suivie pendant de nombreuses années, je n’essayes pas de me comparer à votre situation, mais vous faire comprendre que je sais votre parcours. Courage Nathalie, il y aura de meilleurs jours.

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